HONDSCHOOTE

Sources : Document CA, HONDSCHOOTE en Flandre (document du SI), Claude GOSSET (USINOR Dunkerque)

Armoiries :

D?hermines à une bande d?argent brochant sur le tout, chargée de trois coquilles de sable.

Nom ancien :

HONDESCOTE, 1069

Historique :

Hondschoote, située le long de la frontière belge à 20 kilomètres de Dunkerque, n'est plus connue aujourd'hui que pour sa réputation de ville fleurie et par quelques monuments qui témoignent d'un passé plein de richesse. En effet, il y a de cela bien longtemps...

Hondschoote était baignée par le lac des Moëres sut le front d'une région très boisée. Elle appartenait à la partie de la Gaule Belgique que César désignait sous le nom de Morinie et dont les limites ne sont pas parfaitement connues. La Morinie comprenait vraisemblablement l'ancien évêché de Thérouanne qui s'est ensuite divisé en trois : Boulogne, Saint Omer et Ypres. La Morinie doit son nom au mot Celte Mot qui signifie mer car la moitié au moins de ses frontières étaient constituées par la mer.

On dit que, pour se protéger des invasions, les Morins entrelaçaient les tiges flexibles des buissons aux frontières de leur pays. Cette tradition est encore très vive dans la région d'Hondschoote et on peut voir de nombreuses haies d'aubépines ou de troènes aux branches savamment entrecroisées qui forment autant de barrières infranchissables.

Les forêts étaient constituées de chênes qui croissaient même sur le bord de la mer, de hêtres dont on se servait pour faire le savon, de coudriers que l'on utilisait pour faire le sel, de mélèzes sur lesquels on recueillait l'agatic et de bouleaux d'où l'on tirait une espèce de bitume et dont on faisait des corbeilles et des cerceaux. On y trouvait également le buis, le saule, l'orme, l'if, l'érable blanc, le platane et le valet qui donnait une couleur utilisée comme teinture pour les vêtements des esclaves.

Les Morins étaient cultivateurs et éleveurs. Ils élevaient en particulier des porcs dont la taille et l'excellence de la chair firent le délice des Romains. Ces porcs étaient, dit-on, particulièrement féroces. Cet élevage est encore très important en Flandre.

Hondschoote est traversée par la voie la plus ancienne du pays, le " Looweg " qui se dirigeait de Loo en Belgique vers la mer. Jules César emprunta cette voie pour rejoindre le " Portus Itius " d'où il s'est embarqué vers l'Angleterre. Cette voie fut également empruntée par Attila lors de l'invasion des Huns en 449 et il est vraisemblable qu'il ait établi un camp fortifié qui serait à l'origine du nom de la ville. En effet, on trouve Hondschoote sut les cartes de la Morinie les plus anciennes sous l'orthographe de Hunscote ou Hundschoote. Si l'on traduit Schoote par Scheut, c'est-à-dire enclos, Hundschoote signifie " enclos des Huns ". D'autres théories le traduisent par " enclos des chiens " en partant de Hondt qui signifie chien, mais rien ne permet de les étayer.

Jusqu'en 628, Hondschoote reste un chétif village que le christianisme n'a pas encore atteint, la religion pratiquée est analogue au druidisme Il faut attendre la venue de Eligins (Saint Eloi), évêque de Noyon, pour que les Morins se laissent adoucir et s'organisent en bourgades. C'est alors qu'on érige une chapelle dans le village tandis que des monastères s'établissent à Wormhout et à Saint Momelin. En même temps, à l'exemple des moines, les Morins défrichent leurs forêts vierges et creusent des fossés et des cours d'eau pour assécher les terrains humides et en faire de gras pâturages et de luxuriants vergers.

Au VIIIe siècle, les limites du territoire d'Hondschoote ne sont pas clairement connues, seul un de ses hameaux, l'Haezepoël (Marais aux lièvres), est parfaitement situé car il existe encore. Les constructions ressemblaient alors à des huttes rondes faites de branchages et de glaise durcie avec un toit pointu fait de joncs.

En 842, alors que s'amorce l'ère de prospérité que connaîtra la ville, les Normands envahissent la Flandre et y sèment la désolation. Les religieux quittent leurs monastères et leurs églises emportant leurs trésors et leurs reliques pour les cacher dans les forteresses qu'ils croyaient à l'abri de leurs atteintes.

En 862, la Flandre est érigée en comté en faveur de Baudouin surnommé Bras de Fer et c'est son successeur Baudouin le Chauve qui travaille activement à réparer les désastres causés par les Normands. C'est vers la même époque que l'antique chapelle édifiée à Hondschoote est remplacée par une église dédiée à Saint Waast à l'emplacement de l'église actuelle.

Sous la féodalité, on trouve à HONDSCHOOTE et dans ses environs, entre les nobles et les serfs une classe moyenne les " Kerles ", vouée au travail, mais libre, et qui, par opposition aux seigneurs qui portaient des cheveux longs, avaient les cheveux courts et arboraient une longue barbe. Ces Kerles parlaient le thiois ou flamand. Il semble que, grâce à eux, Hondschoote et ses habitants ne connurent jamais le servage, aucun titre n'en fait mention, et dès le onzième siècle, ils firent naître l'industrie de la sayetterie dans laquelle, pour être tisserand, il fallait être libre.

Le premier seigneur d'Hondschoote connu remonte à cette époque ; c'est Wilhem Van Der Moëre qui tire son nom du lac qui baigne ses terres. On l'appelle aussi Gauthier d'Hondschoote ou Guillaume Mosan. Cette famille possède un prestige certain et les chartes des comtes de Flandre de cette époque portent presque toujours la signature du Seigneur d'Hondschoote. Wilhem participe, à la suite de Robert de Flandre, à la croisade de 1097 où, avec 400 hommes, il défait un corps d'armée turque de 60 000 combattants ! ! !

Au XIIe siècle, Hondschoote acquiert de l'importance, le nombre de ses fabricants augmente beaucoup. L'industrie de la saye fait appel à une multitude d'artisans de la région qui lui fournissent les demi-produits, en particulier le fil de laine assez grossier utilisé pour tisser cette saye. Ce fil particulier a tellement marqué les habitants du Westhoek qu'on appelle encore la laine à tricoter " Siette " (du flamand Saieit).

La sayetterie est à l'origine de la richesse de la ville, l'octroi de Chartes par Louis de Nevers et par Louis de Male, le 7 mars 1373, accroît encore son développement. Cette Chatte écrite en langue flamande est conservée précieusement dans l'hôtel de ville. Elle donne droit de franchise aux gens du bourg d'Hondschoote de fabriquer de la serge à poil long, dite " ruwe " de 36 aunes de longueur et sept quarts de largeur, et de la serge à poils ras dite " caluwe " de semblable longueur mais de six quarts et demi seulement de largeur. De même, elle accorde que les draps soient plombés et scellés des armes de Louis de MaLe, et que les fabricants soient régis par des " keures " (lois locales particulières).

Les produits des manufactures d'Hondschoote ont atteint un tel degré de perfection qu'ils sont recherchés et vendus jusqu'aux dernières limites de l'Europe. Ne parle-t-on pas de la fameuse " Ondiscota " à Florence ?

Au XVIe siècle, les tisserands bénéficient d'un statut particulier portant qu'il est prélevé 1 gros de Flandre sur chaque pièce de saye double et 1/2 gros sur toutes les autres pièces pour rétribuer les suppôts de l'église qui chanteront tous les jours les 7 heures (De 7 getidengods) dans l'église paroissiale d'Hondschoote. La communauté des tisserands possède son propre magistrat chargé de rendre justice sur tous les litiges entre fabricants et marchands, et de frapper d'amendes les contrevenants à ses règlements.

Charles Quint, en témoignage d'estime, accorde en mars 1531 à ses bonnes gens d'Hondschoote une foire franche annuelle les jeudi, vendredi et samedi après Pentecôte et un marché hebdomadaire le mardi. C'est à cette époque que Marchantius dans sa description de tous les Pays-Bas dit : " Hondschoote avait en son pourpris tant de maisons qu'elles pouvoyent contenir environ 20 000 hommes lesquels s'occupoient, pour la plupart, au trafic de la sayetterie et dépendances d'icelles ". La caisse de l'échevinage est si richement dotée qu'elle entretient 5 à 6 000 personnes au titre de simple secours.

Hondschoote connaît ensuite une série de malheurs : la peste vers 1550, le pillage et la dévastation en 1558 par les troupes du Maréchal de Thermes. Malgré tout, elle s'en relève chaque fois plus puissante, pour retomber ensuite comme si le sort s'acharnait sur elle : 1576, un incendie ravage toute la partie occidentale de la ville dont 600 ateliers ; 1578, la peste sévit à nouveau.

En 1581, le recensement constate l'existence de 3024 drapiers. Hondschoote exporte par Bruges puis par Anvers la plus grande partie de sa production : elle expédie, chaque année, plus de 100000 pièces (fiscales) de tissu. Le nombre de travailleurs inscrits à la Halle est d'environ 3500 et les modalités de la production peuvent laisser penser que 30000 personnes de la région y travaillent à cette époque.

C'est alors que deux difficultés majeures vont se présenter et la mener à la ruine.

La première a pour origine la réforme Calviniste qui, prêchée dans la région, y compte de nombreux adeptes. On discute religion jusque dans les cafés et il ne se passe pas de jour sans qu'il y ait de sanglantes bagarres. Partant d'Hondschoote, des expéditions punitives sont envoyées pour détruire les églises et les couvents environnants. Un temple est ouvert, les calvinistes prennent, sans autorisation, l'initiative de créer un cimetière particulier dont le nom est resté : " Gheuse Kerkhof ".

En 1567, on peut noter que 97 % de la population ne fait pas ses pâques. L'inquisiteur Titelman réside plusieurs fois dans le pays mais ne s'y sent pas en sécurité. Les commissaires du Duc d'Albe eux-mêmes n'osent y venir " ne fust avec bonne et seurre garde ".

Cette période entraîne une division dans le Westhoek et en particulier entre Bergues restée conservatrice et Hondschoote qui prend parti pour les Etats Généraux des Pays-Bas. Le 31 juillet 1582, les soldats du Duc d'Anjou envoyés pour remettre de l'ordre, incendient la ville pour mieux la piller ; deux cents maisons seulement sont épargnées (la ville en comportait 4000). Seuls quelques habitants restent tandis que les autres, leur magistrat en tête, se réfugient à Nieuport. Dès lors les armées vont et viennent dans le Westhoek détruisant et pillant à chaque passage.

A ce propos, un historien du XIXe siècle, M.L. Pol écrivait : " Hondschoote vécut une nuit agitée, incessamment lancée d'une nation à l'autre, s'endormant espagnole pour se trouver anglaise au réveil et se rendormir française "

Le second événement est une conséquence du premier associé à une difficulté de relation économique avec l'extérieur. L'industrie de la saye avait réussi à grand peine à se remettre des guerres de religion. En 1630, Hondschoote exporte environ 60000 pièces de drap, mais les batailles incessantes qui se déroulent sur son territoire affaiblissent ses liaisons tandis qu'Ypres développe pendant cette période une industrie concurrente indépendamment des chartes existantes. L'industrie hondschootoise est dès lors condamnée à disparaître.

En 1648, le nombre de fabricants tombe à 275 alors qu'il était de 1 273 quarante ans plus tôt. En 1657, la ville est envahie par l'armée française qui la pille et l'incendie. Hondschoote, réduite à son seul nom, passe définitivement à la France par le traité d'Aix-la-Chapelle en 1668. En 1708 les Hollandais l'envahissent et l'incendient, si bien qu'en 1712 toute fabrication cesse, les plombs et marques sont vendus à la ville de Bruges.

Hondschoote n'est plus alors qu'un ensemble de terres agricoles qu'un riche bourgeois de Dunkerque acquiert à bas prix en 1749. Il s'agit de Jacques Josse Coppens qui régnera en seigneur jusqu'à sa mort en 1783. Il était marié à Marie Bart nièce de Jean Bart, ainsi que l'indique l'épitaphe qui se trouve à l'église. La maison qu'il occupait face à l'église, sur la grand'place est devenue depuis peu le siège du bureau local de la Caisse d'Epargne.

C'est en 1793 qu'Hondschoote va marquer de son empreinte l'histoire de France en étant le théâtre d'une grande victoire des armées de la jeune Révolution française contre la coalition anglo-autrichienne. En voici le récit.

Au mois d'août 1793, les armées des puissances coalisées contre la France sont répandues sur notre sol. Le prince de COBOURG occupe Condé, Valenciennes, le Cateau et adresse une sommation à Cambrai. En vertu d'une convention signée à Anvers, l'Angleterre convoite et attaque Dunkerque. Le duc d'York, à la tête de 12000 Anglais et Hanovriens, et de 12000 Autrichiens, cerne Hondschoote, Bergues et Dunkerque.

Le maréchal de Freytag se dirige vers Poperinghe et Roesbrugghe tandis que le duc d'York lui-même marche sur Furnes avec une partie des troupe.

Le 25 août, le duc d'York somme Dunkerque de se rendre, le général O'Méara, qui commande la garnison de 4000 hommes, lui déclare : " Je répondrai à votre sommation en vous assurant que je saurai défendre DUNKERQUE avec les braves Républicains que j'ai l'honneur de commander ".

Le général Houchard, commandant en chef de l'armée du Nord, réunit à la hâte toutes les forces dont il pouvait disposer, soit 40000 hommes, et vole au secours de Dunkerque. Les assiégés ont ouvert les écluses et laissé pénétrer les eaux de la mer dans les terres basses comprises entre Bergues et Dunkerque, pour obliger l'ennemi à borner ses attaques à l'est. Houchard a reçu de Carnot l'ordre de dégager Dunkerque, Bergues et Hondschoote. Il attaque Freytag de front, l'ennemi est repoussé successivement de Proven, de Roesbrugghe, d'Herzeele et de Bambecque, et se retire sur Hondschoote.

Le général Hédouville, sur la droite, occupe l'espace compris entre Killem et Beveren et, sur la gauche, s'avance entre Killem et le canal de Furnes. Le général Jourdan marche directement sur Hondschoote par le centre et le général Vandamme aborde les postes avancés de l'ennemi.

Dans cette plaine unie coupée de haies et de canaux, protégeant l'ennemi en position de défense, la valeur seule peut décider de la victoire...

Voici le rapport du général Barthélémy au ministre de la Guerre :

" Le général de brigade, chef de l?état major de l?armée du Nord, au Ministre de la Guerre. Au quartier général à HONDSCHOOTE, le 8 septembre 1793.

Je vous annonce, Citoyen Ministre, que les troupes de la République ont battu les ennemies avant-hier et aujourd?hui. Une colonne, celle formant le corps d?armée, est partie de CASSEL, une autre est partie de STEENVOORDE, une autre de BAILLEUL, une autre de WORMHOUT. Toutes, jusqu'à présent, ont 18000 hommes ; nous venons de forcer HONDSCHOOTE, qui était défendu par 15000 ennemis, la plupart anglais ; ils étaient bien retranchés, et ce pays ci est abominable pour la guerre : il est coupé de haies, de bien des fossés ; on ne voit pas à quatre pas devant soi ; on ne se bat pas, on se poignarde ; il est aisé d?imaginer que l?avantage est dans un tel pays pour celui qui attend. Nous avons pris aujourd?hui à l?ennemi trois ou quatre drapeaux, cinq pièces de canons, des caissons, des bagages, tué beaucoup de monde et fait des prisonniers dont plusieurs de marque, entre autres un général hanovrien.

L?affaire a été longue et très chaude ; elle a été terminé avec la baïonnette, comme celle des jours précédents.

Ce moyen est infaillible avec les Sans Culottes ; toutes les troupes ont bien donné ; nous avons aussi des blessés ; nous avons des hommes de tous grades, depuis les soldats jusque et y compris les généraux.

Les citoyens DELBRET et LEVASSEUR ont été dans toutes les affaires, soldats et représentants du peuples. LEVASSEUR a eu un cheval tué sous lui ; DELBRET a couru la même chance et, quoiqu?il montât un cheval blanc, il a été plus heureux.

La Convention connaît l?esprit des soldats ; ils sont les Sans Culottes des armées. Un nommé Georges, grenadier (vous saurez le nom de son régiment), ayant eu un bras emporté d?un boulet de canon, suivait les rangs et, d?une voix de tonnerre, chantait la Carmagnole et, d?un ton plus ferme encore, criait : " Vive la République. " Il offrait son autre bras à la Patrie. Les officiers et les généraux ont tenu la même conduite.

Je vous donne point d?autres détails, parce que nous devons donner notre temps à des dispositions ultérieures. Je dois cependant vous dire que la garnison de BERGUES a fait des sorties brillantes, qu?une partie est réunie à nous et que cette ville est libre. Malheureusement, le siège de DUNKERQUE est sans doute levé ; je dis malheureusement, parce que, s?il ne l?était pas, les Anglais le paieraient cher ; ils seraient obligés de mettre bas les armes, sans qoui ils seraient hachés ou ils mourraient d?eau salée.

La garnison de DUNKERQUE a fait aussi de belles sorties ; on assure que le meilleur général anglais a été tué.

Le camp de la MADELEINE, devant LILLE, a agi aussi ; et quoiqu?il n?eut à faire que des fausses attaques, il a enlevé des postes ennemis et fait des prisonniers.

Plusieurs partis ennemis ont leur retraite coupée, et sans doute nous les aurons.

Encore quelques affaires comme celle d?aujourd?hui, et la République triomphera des tyrans.

Salut et Fraternité.

 

Signé : BARTHELEMY. "

Houchard est reçu à Dunkerque comme un sauveur, reçoit une ovation à Lille, ce qui n'empêche pas le ministre de la Guerre Bouchotte de le destituer de ses fonctions au profit de Jourdan pour ne s'être pas conformé au plan arrêté et de ne pas avoir profité de la déroute de l'ennemi pour l'anéantir. Traduit devant le tribunal révolutionnaire, Houchard est condamné à mort et guillotiné.

Lors du procès, Fouquier-Tinville termina son réquisitoire par les mots violents et menteurs : " Vous êtes un lâche ".Le brave général, bondissant sous l'injure, arracha ses épaulettes et les jeta au pied du tribunal, des larmes de rage perlèrent sur ses joues mais il ne put répondre. Les seuls mots qu'on put lui arracher par la suite furent : " Le misérable, il m'a. traité de lâche ".

 

Au XIXe siècle, la population d'Hondschoote continue à diminuer pour atteindre 3200 personnes environ en 1900, chiffre qu'elle vient de rattraper après être descendue à 2700 habitants. Ce déclin final est vraisemblablement consécutif à la position géographique marginale de la ville, acculée à la frontière et n'ayant pas de liaison directe avec Dunkerque. Un train régional la reliait à Hazebrouck jusqu'en 1960 environ tandis qu'une liaison par canal avec Bergues existait pour le transport des céréales à partir d'un port fluvial aujourd'hui disparu et remplacé par un jardin public.

Sur les cinq moulins à vent que comptait la ville, il en reste un qui menace ruines. Une poutre portant la date de 1127 peut laisser penser qu'il s'agit là du plus ancien moulin d'Europe mais cela est peu vrai semblable. Ce serait plus sûrement la date de création du moulin qui depuis a dû être refait plusieurs fois.

Hondschoote conserve quelques traditions typiquement flamandes :

Cette commune faisait autrefois partie de la Flandre maritime et du Diocèse de YPRES.

Subdélégation de l?intendance au XVIIIe siècle.

Chef lieu de canton depuis 1790.

HONDSCHOOTE en quelques dates :

628 HONDSCHOOTE fait partie de la MORINIE. C?est un endroit où se trouvent d?humbles masures habitées, que les eaux des MOËRES (MOËRES : Marais) avoisinent.

864 Baudoin Bras de Fer reçoit en dot de Charles le Chauve, son beau père, la Flandre (comprenant HONDSCHOOTE).

1096 Guillaume d?HONDSCHOOTE suit le Comte Robert à la première croisade

1200 HONDSCHOOTE est baigné au nord par les MOËRES, qui formes deux lacs dont le niveau est de 2,50 m au dessous de la basse mer. Ils communiquent à un canal naturel aboutissant à ZUYDCOOTE auquel il sert de port . Une horrible tempête accumule à l?extrémité du canal des masses de sable qui arrêtent l?écoulement des eaux. Les MOËRES deviennent ainsi une sorte d?étang pestilentiel.

1204 Gauthier d?HONDSCHOOTE fonde à HONDSCHOOTE une maison de Trinité pour la Rédemption des captifs.

1220 Gauthier d?HONDSCHOOTE fait donation et aumône au couvent des Trinitaires qu?avait fondé son père, de sa terre et du vivier.

1222 Adam, évêque de THEROUANNE, confirme la fondation du couvent d?HONDSCHOOTE dit dès lors " Les Trinitaires du Clair Vivier "

1249 Le pape Innocent IV confirme tous le privilèges des Pères Trinitaires d?HONDSCHOOTE.

1255 Les WAETERINGUES existent déjà.

1279 HONDSCHOOTE est sans pauvres, par suite de l?état prospère de ses finances.

1300 Les artisans du pays affluent à HONDSCHOOTE.

1301 Galtère acquiert HONDSCHOOTE et l?érige en Seigneurie. La Seigneurie porte : D?or à un lion de sable lampassé et armé de gueules.

1323 La ville commence sa renommée par ses manufactures.

1383 Les Anglais, faisant invasion en Flandres, s?emparent d?HONDSCHOOTE, dépourvue de garnison. La ville qui devient le théâtre de sanglants combats , est incendiée. L?église et la tour sont détruite.

1384 HONDSCHOOTE passe avec la Flandre dans la maison de Bourgogne par le mariage de Marguerite de Flandre avec le Duc de Bourgogne.

1415 La Seigneurie passa dans la famille des HORNES, ARNOULD de HORNES ayant épousé en l?année 1400 la fille de Gauthier d?HONDSCHOOTE, qui venait d?être tué à la Bataille d?AZINCOURT et qui ne laissait pas d?héritier mâle. Les HORNES portent : D?or, à trois corps de gueules, enguichés et virolés d?argent, les embouchures à senestre. L?écu timbré d?un casque d?argent et liseré d?or, assorti de son bourrelet et lambrequins d?or et d?azur. Pour cimier un bonnet d?hermine issant d?une guirlande faite de miroirs de plumes de paons au naturel.

1477 HONDSCHOOTE passe sous la domination de l?Autriche par le mariage de Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire, avec Maximilien d?Autriche.

1488 Un incendie ravage toute la ville

1500 Construction d?une nouvelle halle aux serges. C?est là que les fabricants déposent leurs marques et font plomber et sceller leurs produits. Ce privilège avait été obtenu du Comte Louis de MALE (en 1374).

1513 Construction de la tour.

1517 HONDSCHOOTE est une des villes les plus considérables de la Flandre.

1531 Charles QUINT octroie aux drapiers une charte pour favoriser leur industrie.

1537 Charles QUINT accorde à la ville le droit d?établir une taxe sur les serges.

1544-1546 La peste envahit la ville

1555 Après l?abdication de Charles QUINT, HONDSCHOOTE passe dans les état du Roi d?Espagne, Philippe II.

1556-1558 Construction de l?hôtel de ville, l?ancien étant en ruine.

1558 La ville est dévastée par les troupes françaises.

1568 La population est évaluée de 27 à 28000 âmes.

1576 Un incendie consume 600 ateliers.

1578 La peste décime à nouveau la ville.

1581 Il y a à HONDSCHOOTE 3024 fabricants de serges, l?étoffe était expédié vers la Baltique, au Levant et même aux Amériques, transitant par le port de Bruges.

1582 Pillage, incendie et destruction de la ville par les Français (le Duc d?Anjou). 17 rue et plus de 900 fabriques sont anéanties. De plus de 4000 maisons, il n?en reste à peine 200.

1584 Restauration de la halle aux serges ; on ne compte plus que 872 fabricants.

1602 Les fabricants ne sont plus que 725

1609 Leur nombre s?élève à 1273

1620 Achèvement des travaux de reconstruction de l?église, qui avait été détruite par le feu.

1623 Le baron WENCESLAS COBERGHER, savant ingénieur natif d?ANVERS, fait procéder au dessèchement du lac des MOËRES. Il fait entourer le lac d?une digue de 5 lieues de développement. Il fait ensuite creuser à l?extérieur de cette digue un canal circulaire (RINGSLOT) dans lequel les moulins déversent les eaux du lac qui s œécoulent vers l?arrière port de DUNKERQUE.

1623-1630 Le commerce et la fabrication des sayes sont à leur apogée.

1626 Les Récollets établissent leur couvent.

1630 Il y a, à HONDSCHOOTE, au moins 20000 communiants, 27 brasseries, 52 à 53 hôtelleries ou anciens cabarets.

1645 HONDSCHOOTE est à nouveau baigné par les eaux des MOËRES, les écluses ayant été ouvertes à DUNKERQUE par le Général Espagnol, gouverneur de cette ville, qui espérait par ce moyen pouvoir sauver DUNKERQUE, assiégé par le Prince de Condé. Le village des MOËRES, avec sa population, est entièrement englouti par les flots.

1648 La décadence de l?industrie est complète, les sayetteurs ont déserté la ville pour se réfugier à Bruges.

1657 Pillage, incendie et nouvel anéantissement de la ville par l?armée française.

1664 HONDSCHOOTE est sous la domination française.

1668 En vertu du traité d?AIX la Chapelle, HONDSCHOOTE passe définitivement à la France, après avoir appartenu 78 ans à l?Autriche et 113 ans à l?Espagne.

1688 La ville n?a plus que 2643 habitants.

1708 Les Hollandais envahissent HONDSCHOOTE t portent le coup de mort à l?industrie manufacturière en incendiant la ville.

1712 Toute fabrication cesse.

1716 La population ne comporte plus que 2452 âmes.

1722 C?est vers cette époque que la pomme de terre fait son apparition à HONDSCHOOTE

1746 Le Comte HEROUVILLE commence un nouveau dessèchement des MOËRES qui, depuis 1645, étaient restées submergées.

1749 La seigneurie est acquise par Jacques Josse COPPENS (époux de Marie BART, nièce de Jean BART). Les COPPENS portent : D?azur à trois coupes d?argent.

Vers 1750, les commerces du lin, du tabac et du bois devinrent les occupations principales des HONDSCHOOTOIS.

1773 Disparition de la Halle aux Sayes

1779 Prévôté de Saint DONAT de BERGUES devient partie administrative de la ville d?HONDSCHOOTE. L?écusson armorial de la prévôté porte : D?or à un lion de sable chargé d?une croix d?or.

1793 8 septembre : Bataille d?HONDSCHOOTE, mémorable victoire remportée par les français u Général HOUCHARD sur les Anglo-Hannovriens-Autrichiens du Maréchal FREYTAG Elle sauve la France et force les Anglais à lever le siège de DUNKERQUE soutenu par le Duc d?York.

1794 ou An II L?église est fermée à l?exercice du culte et sert de magasin à fourrage pour les troupes.

1810 Il est procédé le 6 juillet, à l?ouverture des travaux de la grande citerne publique située à l?est de l?église.

1832 HONDSCHOOTE est devenu le berceau de la carrière politique de LAMARTINE dont la s?ur, Mme COPPENS, habite la ville.

1835 M LAMARTINE donne à la ville les pompes de la grande citerne communale.

1836 Restauration intérieure de l?église.

1841 Mort de M Bernard Jacques Laurent Robert Antoine COPPENS d?HONDSCHOOTE

1844 La famille COPPENS d?HONDSCHOOTE, après environ un siècle de résidence dans la cité, l quitte, en y laissant les meilleurs souvenirs.

1848-1849 La flèche du clocher est reconstruite.

1852 Sur la demande de M LAMARTINE, le Ministre de l?intérieur donne à la ville un magnifique tableau représentant la Bataille d?HONDSCHOOTE.

Curiosités et monuments :

On a signalé à HONDSCHOOTE de fréquentes découvertes de troncs d?arbres profondément enfouis dans la tourbe, souvenir de l?ancienne occupation marine de cette région de la Flandre.

Eglise des XVIe et XVIIe siècles 

Dédiée à Saint VAAST, elle fut bâtie au XVIe siècle. La tour, haute de 82 mètres, construite en briques blanches du pays s'appelle "DE WHITE TORRE", "La tour blanche". Cette tour préservée lors de l'incendie de 1582 porte dans l'un de ses piliers la date de 1513.

L'église fut détruite trois fois par des incendies.

Ses autels

Les Stalles.

De 1607, sculptées en bois de chêne de style Louis XV.

Banc de communion.

De 1746, en bois de chêne, style Louis XV.- 8 médaillons en relief, de gauche à droite :

sur le montant milieu, une sculpture représente le Saint Sacrement.

La Chaire.

De 1755, de style Louis XV.

Sur la colonne de soutien, une sculpture représente Saint VAAST, patron de la paroisse.

La Cuve en 4 panneaux, représentant le Sauveur du monde et des Evangélistes. Entre chaque panneau, des statues symboliques représentant :

Sur l'abat-voix, un ange tenant les armoiries de la Maison COPPENS ; au pied de la Chaire, la statue de Saint Jean-Baptiste avec l'agneau.

Buffet d'orgue.

En bois de chêne, style Louis XV et Renaissance, construit entre 1611 et 1613, le grand buffet a été remplacé en 1737. Les sculpteurs Pierre MUS et Pierre VAN DEN BROUCKHORST travaillèrent également à celui de HERZEELE. La partie instrumentale est de NEUVILLE de REXPOËDE et date de 1860.

Instruments de musique, Sainte Cécile, le prophète David, sont les thèmes des panneaux.

Boiseries et Confessionnaux.

Tous en chêne sculpté, style Louis XV.

Vitraux du choeur.

De 1861, retraçant la vie de Saint VAAST. Ils furent détruits en 1940.

Tableaux 

Vêtements liturgiques

XVIIe et XVIIIe siècles ; magnifique antépendium brodé de 1673.

Hôtel de ville

En grès et pierres blanches, il date de 1558 - date visible sur pierre au milieu de la corniche.
En faisant face à la mairie, de gauche à droite, les armoiries :

Il est de style Renaissance où Ogival, avec pignons garnis de " pas de moineaux ".

Sur sa façade arrière, on peut remarquer les motifs en forme de bouteille qui encadrent les fenêtres du pignon gauche et de la face latérale de la tour.

Des panneaux muraux retraçant l?histoire d'HONDSCHOOTE sont à consulter dans la salle des pas perdus.

Des tableaux peints sur toile, qui semblent être du début du XVIIe, représentent les sujets historiques suivants :

Ces tableaux sont actuellement au musée ; les autres salles ont toutes été restaurées après la dernière guerre.

Tableaux représentant, à droite en entrant :

Une statue en bois polychrome représente la Justice, les yeux bandés, tenant en mains la balance symbolique.

La cave de l?hôtel de ville servait d?ancien corps de garde.

Monument commémoratif de la bataille d?HONDSCHOOTE

Sur la place, Monument commémoratif de la victoire d?HONDSCHOOTE en 1793, inauguré en 1890 et dû au statuaire lillois DARCQ.

La fontaine

Située derrière l?église, elle a été offerte à la ville en 1835 par Alphonse de LAMARTINE. Sa vaste citerne de 1500 hl servait à approvisionner la population pendant les périodes de sécheresse.

Moulins à vent

Le NOORMEULEN

Le " Moulin VERCRUYCE " ou " NOORDMEULEN ", restauré en 1988, porte la date de 1127. Sa cabine de bois repose sur un pivot de pierre. Sur les poutres ont été gravés les noms des meuniers, des dates et une devise en espagnol " la force n?est rien sans intelligence ". Celui ci existait avec certitude en 1547 . Il faut acheté à la Princesse de HORNES par un DANES en 1717. Ses descendants le garderont pendant plusieurs générations. Le dernier meunier, Eugène VERCRUYSSE le restaura. En 1963, il devint la propriété de sa fille puis en 1982, propriété communale.

Il a cessé de tourner en 1959.

Le SPINNEWYN

En 1993, le moulin SPINNEWYN est reconstruit 200 ans après la bataille d?HONDSCHOOTE.

Personnages célèbres :

Gauthier VAN DER MOERE

Né à HONDSCHOOTE, il accompagna Robert le FRISON à la première croisade (1096)

Guillaume et Winoc d?HONDSCHOOTE

Egalement nés à HONDSCHOOTE, ils suivirent Baudouin de Flandre à la quatrième croisade (1204)

LAMARTINE

Il fit de longs séjours à HONDSCHOOTE chez sa s?ur, mariée à un notable, le baron de COPPENS.

Jacques Josse COPPENS d?HONDSCHOOTE

Celui ci habitait sur la place, dans une grande maison, construite en 1773, à l?emplacement des halles aux Sayes qui datait de 1562. Son épitaphe figure dans le choeur de l?église. On peut y remarquer une erreur car elle attribue à Jean BART, l?oncle de son épouse Marie BART, le grade de vice amiral des armées navales de France alors qu?il n?était que chef d?escadre. C?est son fils Cornil qui fut élevé à ce haut grade.

Hameaux et Lieux Dits :

Brouckstraete, Pont au Cerfs, L?Etoile Française.

Histoires et Légendes :

Les sooneblusch

Hondschoote possède aussi ses légendes, en voici une pleine de saveur. On raconte que les festivités hondschootoises sont souvent arrosées de pluie parce que ses habitants, un jour, ont éteint le soleil : " Un guetteur était chargé de veiller du haut de la tour de l'église pour signaler le moindre incendie à la population qui, aussitôt, accourait armée de seaux pour le combattre, Un matin, alors que le jour commençait à poindre, notre guetteur, sans doute étourdi par les "pintes" de bière qu'il avait bues avant de prendre son service, aperçut une grande lueur rouge à l'horizon. Il sonna le tocsin et toute la population se précipita dans la direction indiquée mais n'atteignit jamais le foyer car ce n'était que le soleil levant ".

Depuis ce jour, les habitants des communes environnantes appellent les Hondschootois les " sooneblusch " (éteigneurs de soleil).